Bonjour à tous,

Je me permets d’intervenir sur ce site très bien géré afin d’apporter mon ressenti en tant que cibiste et radioamateur.

Voici donc un petit historique et ma synthèse sur l’évolution du radio-amateurisme et de la Citizen band en France

Avant tout et pour la compréhension de mon petit exposé, je précise que j’utilise le terme "RADIOAMATEUR"
pour le licencié et "AMATEUR RADIO" pour le non-licencié, appelé aussi CIBISTE. 

LA LICENCE:

J’ai passé ma licence, il y a environ 18 ans. A l’époque je m’étais inscrit dans un radio-club situé dans ma région.

Je n’étais pas spécialement motivé pour être radioamateur, mais en tant que passionné du onze mètres, je voulais
pouvoir faire de la radio depuis mon véhicule sans avoir peur des contrôles qui étaient fréquents en cette période.

J’ai donc essayé de participer aux cours, tels qu’ils étaient diligentés par des radioamateurs volontaires, mais ce fut
un fiasco…Pourquoi ? Parce que les cours qui étaient dispensés étaient compliqués, très pointus, les profs d’un soir
se renvoyaient la balle et à chaque explication donnée, il y en avait toujours un pour renchérir sur l’exception qui
confirme la règle, ce qui embrouillait tous les élèves…

Qui plus est, les cours n’étaient pas en corrélation avec l’examen de radioamateur…
En effet, nous avions vraiment l’impression de prendre des cours pour devenir ingénieur en électronique et non
our préparer un simple examen QCM, donnant droit à émettre sur certaines bandes.

La plupart des radioamateurs du moment considéraient qu’il fallait être capable de construire son propre émetteur
récepteur pour être un bon radioamateur.

Avec plusieurs copains, nous avons donc décidé de nous y coller seuls, sans passer par le radio club.

A l’époque, nous pouvions nous entraîner à travers le minitel. Il suffisait de se connecter sur le site qui va bien
et d’imprimer une série de questions pour passer un examen à blanc…

Nous avons donc appris à répondre à toutes les séries de questions dans tous les sens. Certaines par cœur
et pour les autres, nous retenions quelle formule devait être appliquée sur telle ou telle question, changeant
parfois les valeurs de base pour avoir la certitude que l’application de la formule était bonne…

Après de nombreuses simulations, nous étions prêts et nous avons tous réussi notre examen, tant au niveau
technique, qu’au niveau de la réglementation… 

Ceci étant, nous trouvions déjà que cet examen comportait des questions ringardes et inutiles, inintéressantes
et que celui-ci n’apportait pas les vraies réponses pour faire de vrais radioamateurs dignes de ce nom et
rêts à trafiquer.

L’examen ne vous apprenait pas à vous servir d’un poste émetteur-récepteur (Entres autres utilisation
et nécessité des filtres…), d’un Tos-mètres, d’un oscilloscope, d’un analyseur d’antennes ou de tout autre
accessoire utile au radioamateur.

L’examen ne vous apprenait pas la façon de faire un QSO, savoir écouter, le gérer, comment s’en sortir
dans un pile-up, les différents types de propagation sur les diverses bandes, les différents types de concours…etc.

L’examen ne vous apprenait pas les types d’antennes ni les manière de les construire, de les utiliser avec les
différents types d’alimentations, les adaptations d’impédance..etc.

L’examen encore ne vous familiarisait pas avec les nouveaux modes de transmission, ni toute la partie
informatique et numérique qui va autour…

Etc…

En conclusion, l’examen ne nous semblait pas adapté, il était principalement théorique, désuet, et au niveau
e la pratique, rien du tout, à part la télégraphie…

LE DÉCLIN:

Le premier malaise à l’origine du déclin du radio amateurisme commence donc à mon sens par l’examen qui
n’a jamais évolué avec le temps et qui en a découragé beaucoup… 

Malheureusement, une quelconque évolution restait bridée par de vieux conservateurs, à la tête des
organismes de tutelles qui ne voulaient rien lâcher, ne rien simplifier, ne rien donner...

Il faut gagner le droit de parler sur une fréquence en prouvant d'abord ses capacités techniques, c'est la règle...

Il y a bien eu une tentative d’évolution par la création de la Licence NOVICE. Et oui, le nombre de radioamateurs
tant en chute libre, il fallait trouver une solution pour gonfler les chiffres. Celle-ci permettait par passage d’un
examen moins technique d’avoir accès à certaines bandes…
Mais attention de ne pas trop en donner…Juste la VHF, même pas l’UHF…

Partant du principe que qui peut + peut moins on se demande pourquoi ?

Restriction quand tu nous tiens !

Dans ma région, il y avait un relais UHF très performant et un relais VHF bien sourd et souvent en panne.
La possibilité d’utiliser le relais UHF aux F0 aurait certainement permis la multiplication des QS0 avec des
endez-vous quotidien, mais il n’en fut rien…

Néanmoins, cette licence a permis d’augmenter un peu le nombre de radioamateurs (en perdition permanente),
de faciliter l’accès (Parait-il) à ceux qui voulaient devenir radioamateurs et d’occuper un peu plus nos bandes hautes…

Personnellement, je reste persuadé qu’il aurait fallu donner l’accès aux F0 sur l’UHF, voire sur une petite partie
de la bande HF comme le 28 MHZ par exemple…

L’intérêt de nombreux amateurs radio, c’est le DX...
La F0 permet plutôt des communications locales, par relais, et à moins d’être extrêmement bien équipé en VHF,
accrochez vous pour la longue distance !

Celui qui est tombé amoureux du 11 mètres et de ses ouvertures de propagation n'y trouvera pas son compte...

C’était donc sans nul doute, le tremplin incontournable à franchir pour motiver les troupes et relancer la machine…

Et bien NON, et contre toute attente cette petite possibilité d’accès dans le milieu radioamateur n’a pas évoluée,
mais de surcroît, elle a été purement et simplement annulée.

Autant dire que si on avait voulu achever la bête, on ne s’y serait pas pris autrement...

Parallèlement à tout cela, le monde de la communication a fortement évolué avec les téléphones portables,
le numérique, l’informatique, les réseaux sociaux et j’en passe…

Les moyens de communication se sont banalisés et le radio amateurisme perd de plus en plus de son attrait…

RAPPORTS ENTRE LES R.A ET LES CIBISTES:

Et le onze mètres dans tout cela ?

Il fait bien entendu parti de l’histoire. En effet, il ne faut pas se voiler la face, plus de la moitié des
radioamateurs (Voire les 3/4) proviennent du onze mètres et là encore, rien à été fait pour essayer
de corréler les radioamateurs avec les amateurs radio. Bien au contraire, combien de fois j’ai pu
entendre des radioamateurs critiquer les cibistes. Pour certains radioamateurs, « CIBISTE » est
l’insulte suprême !!!

Sans parler des anciens cibistes, devenus radioamateurs crachant sur leurs origines…(Souvent les pires…).

Pourtant, dans ce contexte, on peut raisonnablement considérer que les amateurs radio ont plus de mérite
que les radioamateurs.

Les amateurs radio ne disposent que d’une partie de bande, ce qui les oblige à être beaucoup plus actifs,
attentifs, à se battre avec les seules conditions de propagation du haut de la bande HF, à saisir la moindre
ouverture pour réaliser le DX. Les pays sont moins activés, ce qui donne encore plus de valeur au DX réalisé.

Cherchons les radioamateurs dignes de ce nom, passionnés de DX et qui n’ont pas connu le 11 mètres.
Combien ont pu réaliser plus 200 divisions, tels les anciens du 11 mètres, uniquement en phonie et sur le 28 MHZ ?
Je pense qu’ils ne sont pas si nombreux…

Dans le domaine propre de la communication, les amateurs radio n’ont aucune leçon à recevoir des radioamateurs.

Bien souvent, j’ai rencontré des amateurs radio beaucoup plus motivés et passionnés que les radioamateurs,
bien qu’ils ne se soient pas donné la peine de préparer une licence…

L’état d’esprit a tout de même évolué il y a quelques années avec l’attribution des indicatifs F4, mais cela
n’a malheureusement pas évité le retrait de la F0. Sans doute qu’il existait encore trop de récidivistes
conservateurs, Ces derniers ont gagné leur combat...Aujourd’hui, il ne reste plus rien ou pas grand monde
dans le milieu Français de la communication. 

L’envie de s’exprimer, de découvrir, d’apprendre, de partager sont les éléments conducteurs de la
communication, que l’on soit amateur radio ou radioamateur et ces éléments devraient rapprocher les uns
et les autres, sans frontières... 
Le comble aujourd’hui, c’est de dire que le courant ne passe pas entre les amateurs radio et les radioamateurs,
à cause d’un manque de communication…. 
A méditer.

CONCLUSIONS:

Un examen mal adapté qui n’a pas évolué, un état d’esprit de vieux conservateurs chez les RA, l’évolution
es moyens de communication, la distance relationnelle des radioamateurs avec les cibistes et le manque
de propagation sont à mon sens, à l’origine du déclin actuel de la communication amateur en général.

Voici ma façon de voir les choses, mon ressenti, mais bien entendu, il ne s’agit que d’une partie de ma
propre expérience car on pourrait en écrire des pages et des pages...

Il n’est pas interdit d’avoir un point de vue différent du mien. Les forums servent à échanger, alors
n’hésitez pas à apporter votre avis, votre analyse, votre expérience…

Merci de m’avoir lu

Pascal